SOCIÉTÉ⎪Quand les Américains envient l’éducation « à la Française »

Posted on 20 janvier 2013

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On le sait, les Américains aime la France. Vous savez, cette fameuse « French touch » , cette légèreté toute hexagonale, rehaussée d’une pointe d’insouciance et de style; ce plaisir de vivre à coup de baguette, vin, fromage et charcuterie (« Oh my God! ») et qui défie les lois de la diététique à la vue du tour de taille des Françaises, quelle insolence ! Désormais, c’est notre éducation qui les fait rêver.

Pamela Druckerman, auteur de "Bébé made in France" (Flammarion) (Photo: DR)

Pamela Druckerman, auteur de « Bébé made in France » (Flammarion) (Photo: DR)

« Les enfants français ne jettent pas leur nourriture »

Qui aurait pensé un jour que l’éducation à la française ferait l’unanimité en Amérique ? Et pourtant. Paru depuis le printemps dernier outre-Atlantique, le livre de la journaliste américaine Pamela Druckerman vante l’exception française dans le domaine de l’éducation des petits enfants et provoque un immense engouement. La journaliste, mère de trois enfants, vivant à Paris depuis plusieurs années, n’a pu que constater les différences flagrantes et s’est collée à l’exercice de l’analyse quasi anthropologique.

Premier constat : nos enfants chéris seraient plus faciles au quotidien. Que ce soit à table ou lors d’une sortie au parc, les bambins bleu-blanc-rouge sont, d’après la journaliste, en tous points opposés aux petits américains:

« Ils préfèrent le bar sauvage grillé aux nuggets »

Si la caricature est un peu grossière, on reconnaîtra volontiers que nos petits, bien que parfois grimaçant devant leur assiette, savent tout à fait apprécier un plat de poisson et de légumes verts alors que ces mets sont inexistants sur la table de la plupart des Américains adultes. De la même façon, les enfants se tenant convenablement à table au restaurant ou dans les lieux publics sont plutôt rare au pays de l’oncle Sam, il faut bien l’avouer. Et que dire des fameux « Dis bonjour à la dame » et « C’est quoi le mot magique? », absolument absents des habitudes des petits yankees. En clair, politesse et bonne tenue en public sont les maîtres mots de notre éducation.

« Ils font leurs nuits et jouent avec rien »

D’après la journaliste, nos petits feraient aussi leurs nuits beaucoup plus tôt chez nous: deux mois (voire dès la sortie de la maternité) contre parfois près d’un an outre-Atlantique (Pardon???!!). La faute à qui ? Aux parents Américains certainement un peu trop affolés par le moindre couinement de bébé. Comme l’a observé l’auteur, nous préférons ici ne pas nous précipiter dans ce genre de cas et n’intervenir qu’en cas de gros chagrin… En gros, inutile de trop anticiper les besoins de bébé. De même, nul besoin de consentir à toutes ses envies et de le stimuler en continu. En effet, les parents Américains sont très friands de ces play groups destinés à renforcer le lien parent-enfant et surtout à stimuler ce-dernier en continue. Or, explique Pamela Druckerman, laissons nos enfant s’ennuyer un peu et se trouver eux-même des moyens de se divertir. Voilà pourquoi dit-elle « [les petits Français] savent s’amuser avec un vieux carton et un bolduc. »

En bref, si ce livre est parfois joliment caricatural et malheureusement restreint par l’observation quasi exclusive d’exemples de Parisiens aisés, on dit « Cocorico ! » et on apprécie grandement la valorisation du modèle Français en matière d’éducation. Alors que les parents cumulent les livres et les théories sur comment bien élever leurs enfants, cet ouvrage nous conforte avant tout dans l’idée qu’aucun modèle ne semble prévaloir sur l’autre. En d’autre terme, la bonne vieille technique de l’équilibre reste la meilleure !

Bébé made une France + d’infos :

French Children Don’t Throw Food (Bébé made in France), Pamela Druckerman (Flammarion)

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Posted in: France, Société