SOCIÉTÉ | #Geonpi: Qui sont les pigeons entrepreneurs qui agitent la France ?

Posted on 11 octobre 2012

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We are #Geonpi

Depuis le 28 septembre 2012, il s’échappe des réseaux sociaux de France, puis des médias en général, des milliers de roucoulades pour le moins inhabituelles. En effet, depuis cette date, « Les Pigeons », ce mouvement de défense des entrepreneurs français, est entré en résistance face au gouvernement du Premier Ministre Français, Jean-Marc Ayrault, et en particulier contre le projet de loi de finances 2013. Qui sont ces « pigeons », quelles sont leurs revendications et leurs objectifs ? Décryptage, si vous avez manqué le début.

#Geonpi, c’est qui ?

« Geonpi », ou « pigeon » en verlan. C’est le nouveau hastag (#) qui a envahit le web et particulièrement Facebook et Twitter depuis à peine deux semaines. Symbole du regroupement et de la lutte des entrepreneurs français contre le gouvernement et sa politique économique, Les Pigeons c’est personne et tout le monde à la fois. Ne se réclamant d’« aucune représentation officielle, aucune appartenance politique, aucun porte-parole (…) [Ils ne recherchent] aucune notoriété individuelle », ils ne se revendiquent qu’« au service du collectif ». Parmi les pigeons les plus connus, les médias n’ont cependant pas manqué de recenser Marc Simoncini, fondateur du site de rencontres en ligne Meetic, ou encore Benoît Thieulin, directeur de La Netscouade, entre autres. Principalement jeunes entrepreneurs de start-ups dans le domaine du numérique et des technologies high-tech, les pigeons ont réussi l’exploit d’atteindre le chiffre de 61 700 fans (1) sur Facebook en à peine 10 jours d’existence du mouvement.

Pourquoi tant de « Rhouuu Rhouuu » ?

Dans la ligne de mire des pigeons, le projet de loi de finances 2013 du gouvernement Ayrault. Plus précisément, c’est le projet de taxation à plus de 60% des plus-values sur la cession des entreprises et l’augmentation des charges sociales pour les auto-entrepreneurs qui ont poussé les entrepreneurs-pigeons à se regrouper en mouvement. Qualifiées de « je-ne-sais-quoi-qui-donne-la-nausée » et d’« assassine », ces deux mesures sont les gouttes d’eau de plus (de trop ?) dans un vase décidément trop plein pour les entrepreneurs Français dans un contexte économique et post-électoral particulièrement tendu.

Depuis l’élection de François Hollande à la présidence de la France et de son gouvernement de gauche, il semblerait en effet que ce-dernier ait décidé de se mettre les entreprises à dos. Sous couvert de rigueur budgétaire et de rééquilibrage des finances publiques, le gouvernement a multiplié les sorties et mesures taxant davantage le travail, le capital et le patronat. On se souvient évidemment du coup d’éclat de Bernard Arnault, PDG du groupe de luxe n°1 dans le monde LVMH, début septembre, accusé d’exil fiscal en décidant de s’établir en Belgique et d’en obtenir la nationalité. Depuis on ne compte d’ailleurs plus les reportages et articles retraçant le parcours de ces entrepreneurs français partit s’installer à Londres ou à Bruxelles pour profiter d’une fiscalité avantageuse.

Une du journal Libération (5 octobre 2012)

Une du journal Libération en vue de la rencontre gouvernement-pigeons.

#Geonpi: 1 – Gouvernement: 0

Appuyé par le Le Mouvement des entreprises de France (MEDEF), le mouvement des pigeons se défend depuis ses débuts de toute appartenance politique et souhaite avant tout que ses revendications et le désarrois de ses sympathisant soient écoutés par une classe politique jusque là davantage préoccupée à les ignorer et à les accabler. Il faut croire que le buzz amorcé sur la toile et amplifié par la presse ait porté ses fruits !

En effet, une semaine seulement après sa création, le ministre des finances, Pierre Moscivici, accepte de discuter avec les entrepreneurs et de revoir certains des amendements du texte de loi lors d’une réunion à Bercy (Ministère des Finance, ndlr) avec les principaux acteurs du mouvement. Aussitôt, la presse parle de « reculade du gouvernement », tandis que les pigeons se félicitent de l’avoir fait « roucouler ». Il faut dire qu’avec des cotes de popularité historiquement basses cinq mois après une élection pour François Hollande et Jean-Marc Ayrault, respectivement 42% et 40% (2), le gouvernement, se devait de faire bonne figure.

Face aux concessions du ministre, les Geonpi ont annulé leur manifestation de dimanche dernier mais entendent poursuivre la mobilisation, restant prudent envers les promesses faites par le gouvernement. Chez les pigeons cependant, les avis sont partagés quant à l’accord convenu à Bercy. Il semblerait qu’ils se fassent encore entendre au moindre écart du gouvernement à leur encontre. Rhouu Rhouu !

(1) Chiffre constaté le dimanche 7 octobre 2012
(2) Source Reuters: chiffres selon le baromètre d’octobre d’OpinionWay paru lundi 8 octobre 2012 dans Metro.
 
 

À lire aussi:

La Presse, Des «pigeons» à l’assaut du gouvernement français, 7 octobre 2012
20 Minutes, Mobilisation des «Geonpi»: Si vous avez raté le début, 5 octobre 2012
L’Express-L’Expansion, Les Pigeons: pourquoi ça a marché, 6 octobre 2012
 
 
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