Présidentielles 2012 : Pourquoi voter à l’étranger ?

Posted on 21 avril 2012

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Les 10 candidats à l’élection présidentielle de 2012 (Photo: Associated Press)

Vingt-quatre heures se sont écoulées depuis la fin de la campagne présidentielle en France ; à l’aube du premier tour qui aura lieu dimanche 22 avril 2012, ils sont environ 1,5 millions[1] de Français appelés à voter par anticipation pour ce scrutin présidentiel. Il n’aura pas fallu davantage de temps pour qu’une question s’élève dans mon entourage : pourquoi les Français de l’étranger se sentent-ils concernées par l’avenir d’un pays qui n’est plus le leur ? D’où cette autre question, pourquoi voter à l’étranger ?

 

S’il est nécessaire de le mentionner, rappelons tout d’abord que le vote est un droit fondamental, inscrit dans la Constitution et détenu par toute personne détenant la nationalité française. Mais il convient d’ajouter (et c’est souvent là que les mémoires se font courtes), que le droit de vote est également un devoir attendu de chaque citoyen de la République Française. Dit ainsi, cela paraît bien sérieux et solennel, c’est vrai, mais à ceux qui seraient encore tentés de « jouer » avec ce droit l’Histoire rappellera les résultats du premier tour de l’élection présidentielle de 2002 et la deuxième place qui donna à M. Jean-Marie Le Pen et à son parti, le Front National, un élan jusqu’alors jamais vu en France, plongeant le pays dans une stupeur inédite le temps de l’entre-deux tour.

 

Français de l’étranger, mais Français quand même (!)

 

D’aucun vous le diront, il faut avoir quitter son pays d’origine pour connaître ce sentiment entourant le questionnement sur son appartenance à un pays. Que le départ ait été volontaire ou contraint par des raisons professionnelles, familiales ou autres, le sentiment et le besoin d’appartenir et de se reconnaître dans un état, une nation et une culture restent entiers. Ces notions ont par ailleurs préséance sur tout sentiment relié au bien-être ou à la douceur de vivre dans telle ou telle contrée lointaine et déterminent d’une façon majeure le choix de rester ou de partir.

 

Partir ou rester. Loin de chez soi et de ses proches, cette question se pose nécessairement. Les « bilans de vie » se font plus régulièrement, plus précisément ; les avantages et contraintes sont pesés au gramme près car une décision impliquant une renonciation définitive à son pays natal ne se fait pas en trois mois. Dès lors, est-il possible de renoncer à peser sur les choix politiques de son pays ? Il semblerait que non à en juger par la longue file d’attente observée ce matin devant le bureau de vote de Montréal. Évidemment, il semble paradoxal de se sentir concerné par des mesures sociales touchant à l’emploi, à la fiscalité ou à la sécurité intérieure lorsque dans le même temps l’on est soumis à la législation de son pays d’accueil. Si certains expriment avoir une responsabilité envers le sort ou l’image de la France à l’étranger et souhaitent ainsi pouvoir faire entendre leur voix (question de fierté), d’autres ne voteront que par « acte citoyen ». Dans ce cas, la motivation du vote est a priori plus reliée à l’affect, à la culture commune et au sens du devoir qu’à la volonté d’agir personnellement sur l’avenir de son pays lorsque l’on réside à l’étranger. Ou quand l’éloignement modifie notre rapport à la politique.

 

Désintérêt politique, abstention et expatriation

 

Depuis plusieurs années, la France voit augmenter ses taux d’abstention lors des scrutins nationaux. Qu’il soit motivé par la contestation ou par un désintérêt pour la chose politique, que la France (et les médias) se rassurent, ce dernier phénomène est largement plus présent en Amérique du Nord et plus précisément au Canada et au Québec.

 

Certes, la campagne présidentielle de 2012 ne restera pas dans les annales comme la campagne la plus intéressante ; pour preuve, les feuillets de programme des dix candidats, identiques jusque dans l’ordre de présentation des thèmes de campagne, sans parler de leurs propositions, souvent reprises chez leurs adversaires. Quoi qu’il en soit, s’abstenir ce n’est pas manifester contre un système ou ses représentants mais bien l’affaiblir en donnant davantage de poids aux idéologies extrémistes traditionnellement très soutenues dans les urnes par leurs partisans. Alors que vous soyez en métropole, en corse dans les DOM-TOM ou à l’étranger, vous êtes tous autant Français. Le 22 avril et le 6 mai 2012, votez !

 


[1] Source : Ministère des Affaires étrangères, Les Français établis hors de France au 31 décembre 2010

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Posted in: France, Politique