Ceux qui n’aimaient pas la Saint-Valentin

Posted on 13 février 2012

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« Ça dégouline d’amour, c’est beau mais c’est insupportable
C’est un pudding bien lourd, de mots doux à chaque phrase »

[Mon Cœur, Mon Amour – Anaïs (2005)]

Avouons-le, lorsqu’en 2005 Anaïs envahit les radios françaises en pointant du doigt les mièvreries des couples se témoignant leurs sentiments avec emphase, nous avons tous un peu souri et pensé à un de nos proches. Bien entendu, il y a ceux dont c’est le quotidien, rassurant, idéal, rêvé… Et il y a ceux qui réservent ce déversement d’affection au 14 février, jour de la Saint Valentin.

Ce jour là, il s’observe à travers le monde (et plus encore en Occident) des comportements pour le moins inattendus: ruée sur les chocolats (les fêtes ne sont-elles pas déjà passées?), pillage chez les fleuristes, multiplication des cœurs ici et là et de tout symbole rattaché au couple et à l’amour, et surtout, des mouvements de populations semblables à une migration d’oiseaux vers tout ce qui s’apparente de près ou de loin à un restaurant. Deux par deux, on s’entasse dans des établissements bondés, tout teintés de rouge pour l’occasion, affichant des « menu Saint Valentin » à tout va aux tarifs souvent gonflés pour l’occasion.

D’avis de restaurateurs, être en présence d’une faune aussi variée de couples en parade est des plus stupéfiant. Toutes les sortes de couples sont représentées: les discrets, les bien assortis, les moches, les dépareillés, les bruyants, les beaux, les « vous avez vu ma copine?! », les démonstratifs, les timides, les maladroits, les « c’est notre sortie de l’année », les mariés, les illégitimes… autant de tandems venus en public se témoigner de l’affection.

Et les autres dans tout ça ? 

Non loin de là, un groupe d’irréductibles qui n’aiment pas la Saint Valentin, résiste encore et toujours à l’envahisseur. On les dit insensibles, célibataires pour la plupart, malheureux, déçus, frustrés, seuls… Pourtant, certains d’entre eux sont parfaitement heureux, célibataire ou en couple, amoureux souvent et, n’en déplaise à certains, bien loin du cliché du célibataire triste et seul.

Vous l’aurez compris, ne pas aimer la Saint Valentin ne veut pas dire ne pas aimer, bien au contraire ! La plupart des anti-Saint Valentin revendiquent le fait de ne pas aimer à date fixe mais bien toute l’année, d’aimer d’une manière non-commerciale et d’aimer sans s’exhiber. Évidemment, dans notre société fondée sur la masse et le conformisme les remarques du genre « Tu ne fêtes pas la Saint Valentin?! C’est nul ! » fusent. Pour ces « anti », il ne s’agit pas tant de prôner une contre culture de la Saint Valentin que de replacer l’authenticité au cœur de la relation. D’aucuns  proposent une « Saint Valentin quotidienne » ou encore une Saint Valentin dont la date serait propre à chaque couple, l’idée étant de s’éloigner du caractère commerciale de cette célébration et de faire plaisir à l’autre non pas parce que « ça se fait » ou parce qu' »il le faut », mais bien parce qu’on le veut.

Le clivage entre pro et anti Saint Valentin n’est évidemment pas près d’être régler. À noter d’ailleurs que certains réfractaires cèdent parfois sous la pression du 14 février… En définitive, avant toute célébration, il semble surtout précieux de se  demander individuellement: « Pourquoi je fête la Saint Valentin ? ».

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Posted in: Société