Pourquoi mange-t-on des crêpes à la Chandeleur ?

Posted on 2 février 2012

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Une fois les Rois tirés, les fèves collectées et la galette en overdose, tout un chacun attend le 2 février et la Chandeleur pour faire sauter les crêpes et se trouver une bonne excuse pour abuser de Nutella, confiture, sucre, ou les trois à la fois ! Oui mais, pourquoi mange-t-on des crêpes à la Chandeleur ?

Dès la fin de l’empire Romain, l’Église entreprend un vaste chantier de remplacement des rites païens par des fêtes religieuses. Ainsi, le vieux rite païen des lupercales, rite de la lumière hérité des romains, est remplacé par une fête religieuse, la fête de la Chandeleur, où l’on commémore, 40 jours après Noël un rite hébraïque :

Et lorsque furent accomplis les jours pour leur purification, selon la Loi de Moïse, ils l’emmenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur.
(LucII, 22)

Selon la loi juive de cette époque (Lévitique, XII), une mère qui accouche d’un garçon était considérée comme impure pendant 7 jours et devait ensuite attendre la purification de son sang pendant 33 jours (donc pas question de se rendre dans un lieu sacré durant cette période).

Cette fête devînt du même coup en 1372 en Avignon, fête de la Purification de la Vierge et Commémoration de la présentation au temple de l’enfant Jésus.

Et de « candela » vint la « Chandeleur »

Directement héritée de la « festa candelarum » (fête des chandelles), la Chandeleur est une ode à la lumière. Dans les églises, les torches sont remplacées par des chandelles bénies que l’on conserve allumées, autant pour signifier la lumière que pour éloigner le malin, les orages, la mort, etc… et invoquer les bonnes augures à veiller sur les semailles d’hiver qui produiront les bonnes moissons de l’été prochain. Les cierges bénis étaient ensuite emportés dans les foyers pour les protéger.

À cette époque de l’année, les jours allongent sérieusement, la végétation du blé en herbe prend de l’importance, et une offensive de l’hiver serait alors particulièrement cruelle.

Tous ces symboles se retrouvent aujourd’hui dans cet emblème de la Chandeleur qu’est la crêpe. Ce disque doré rappelle en effet celui du Soleil, évoquant le retour du printemps après l’hiver sombre et froid.

L’art de la crêpe

Il existe encore de nos jours toute une symbolique liée à la confection des crêpes.
On fait ainsi parfois sauter les crêpes de la main droite en tenant dans la main gauche une pièce d’or, un Louis d’Or dit-on (ou à défaut une monnaie), afin de connaître la prospérité pendant toute l’année. Il  s’agit évidement de faire en sorte que la crêpe atterrisse correctement dans la poêle.

On rapporte aussi qu’il faut faire sauter la première crêpe sur l’armoire, car elle ne moisira jamais. L’intérêt de cette pratique peut paraître limité, sauf si elle préserve de la moisissure l’ensemble de la future récolte !

La crêpe est faite à base du froment de la moisson précédente, que l’on utilise ainsi en quantité car les futures moissons ne sont plus très loin ! Aujourd’hui, les crêpes au sarrazin ont largement leur place et permettent des déclinaisons salées. Quant aux gourmands, il est à parier que leur préférence ira toujours à la crêpe sucrée !

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Posted in: Cuisine, France, Société