SERIE | Portraits en Itinérance : Maxime

Posted on 15 décembre 2011

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Photo: Izaac Photography

Rencontre avec Maxime  
Sainte Catherine O. / Clark

Nous rencontrons Maxime un de ces jours où le soleil est perçant et l’air cinglant. Alors que chacun est caché sous multiples couches de vêtements et s’empresse d’aller se mettre au chaud chez soi ou dans les boutiques, lui est là, seul assis au cœur de la frénésie du centre-ville de Montréal. Lui aussi a opté pour plusieurs épaisseurs de vêtements et tente tant bien que mal de se couvrir avec une couverture lorsque nous l’abordons.

La rue, il la connaît depuis 4 ans. L’indifférence des gens aussi. Ces gens qui passent sans même le regarder. Certes, la rue et ses difficultés l’ont rendu méfiant et lui ont donné cet air hirsute et renfrogné qu’elles donnent à tous ceux qui les connaissent de trop près.

L’homme n’est pas bavard par ailleurs. Nous lui proposons une boisson chaude, il refuse expliquant qu’il préfère un peu d’argent pour avoir de quoi manger le lendemain matin. Les organisations d’aide aux sans-abris ? Il ne veut pas en entendre parler. Ce qui ce dégage de cet échange c’est fatalité face à l’avenir qui l’attend : 4 ans déjà que la rue est son « chez lui » et que l’espoir d’en sortir un jour s’est envolé. Comme chez la plupart des itinérants, plus le temps passé dans la rue est long, plus l’idée même que leur condition s’améliore un jour s’amenuise.

Ce n’est pas un euphémisme de dire que la rue détruit ceux qui y vivent; elle les consume chaque jour un peu plus tel le cancer et comme dans bien des cas, le simple fait de se sentir respecté et non pas fuit par les autres participe de manière significative à la guérison. Alors sans vouloir faire preuve de prosélytisme, pourquoi ne pas essayer d’engager la conversation juste pour quelques mots pour voir ?

À suivre : le portrait de Claude St-Hilaire, itinérant sur Mont-Royal

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