C’est seulement à l’Opéra: Les Noces de Figaro

Posted on 23 septembre 2011

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Depuis le 17 septembre dernier, l’Opéra de Montréal inaugure sa 32ème saison avec sans doute le plus grand, et le plus connu des opéras de Mozart, Les Noces de Figaro.

Pour les novices, cet opéra-bouffe, adapté de la comédie Le Mariage de Figaro, écrit par l’auteur Français Beaumarchais en 1778, se déroule le jour du mariage de Figaro et Suzanna. Ce jour là, il découvre que son patron, le Comte, veut lui voler sa future. Figaro entreprend de contrecarrer ses plans ; la Comtesse veut se venger de son mari, aidée de Suzanne, pendant que l’adolescent Chérubin cherche à séduire toutes les femmes du château !

Présentée pour la première fois en le 1er mai 1786 au Burgtheater de Vienne, cette œuvre, délicieusement insolente et outrageuse pour son époque venait à inverser les hiérarchies sociales poussant les petites gens, pages et servantes à tenir tête et se jouer de leur patrons et seigneurs. Inutile de vous dire que de telles ignominies n’étaient pas du goût de tout le monde, les puissants en particulier !

C’est néanmoins grâce à son exceptionnel talent, que dis-je, son génie, que Wolfgang Amadeus Mozart su imposer son œuvre à la cour de l’empereur d’Autriche.

Il était donc 19h30 précises hier soir lorsque les premières notes de l’ouverture de l’opéra s’élevèrent de la fosse d’orchestre de la salle Wilfried Pelletier, à la Place des Arts de Montréal. Après la foule et l’agitation de la place des festivals pour le concert d’Arcade Fire, l’énergie et la magie de Mozart agissaient soudain.

Premier à laisser entendre sa voix de baryton-basse, le Torontois Robert Gleadow, portant le rôle du fameux Figaro, est éclatant !

S’en suit celle d’Hélène Guilmette dans le rôle de Suzanna; la Montréalaise qui avait exprimé sa joie et son plaisir particulier de pouvoir interpréter ce rôle chez elle, n’aura donné néanmoins qu’une prestation en demi-teinte. Bien que le talent soit indéniable il semble toutefois que le rôle aurait nécessité une voix avec plus d’ampleur, celle-ci aillant parfois du mal à passer par-dessus les musiciens… dommage!

Chérubin pour sa part, petit page charmeur, trépidant et coureur de jupons a été porté avec éclat par la mezzo Julie Boulianne. Étoile montante de la profession, son jeu théâtral et sa voix ont indéniablement séduits le public de la Place des Arts qui le lui a bien rendu lors du salut final avec un tonnerre d’applaudissement. Talent à suivre!

Enfin, star internationale annoncée de cette production, la soprano Américaine Nicole Cabell, gardienne du rôle de la Comtessa, a littéralement illuminé la représentation. Sa performance, toute en délicatesse, en puissance et attendue sur l’air de la Comtesse (« Dove sono », ndlr) était telle que l’on pouvait l’attendre de la part d’une artiste de sa renommée. Bravo l’artiste !

En résumé, ce premier opéra de la saison à l’Opéra de Montréal bénéficie d’une grande popularité et d’un intérêt certain de la part du public en raison de la nature même de l’œuvre et de son compositeur. Il ne faut en effet pas s’attendre à une production de la qualité de celles présentées à l’Opéra Garnier… (nous dirons que c’est une question de financement, certes!) Par ailleurs, comme cela a pu s’entendre dans les rangées de la salle Wilfried Pelletier hier soir, « la prestation est agréable mais ne transporte pas« .

Une production en demi-teinte donc mais qui aura eu la chance de profiter des performances majestueuses de quelques uns de ses interprètes. L’honneur est sauf !

Pour finir, pour en avoir fait l’expérience avec un proche, Les Noces de Figaro représente très certainement l’opéra idéal pour s’initier à cet art et tenter un premier contact avec ce genre musical particulier. Si vous êtes tentés, dépêchez-vous, la dernière représentation a lieu demain soir !

Fiche Technique de l’œuvre:

  • Comte Almaviva  : Phillip Addis, baryton
  • Comtesse Almaviva : Nicole Cabell, soprano
  • Figaro : Robert Gleadow, baryton-basse
  • Cherubino : Julie Boulianne, mezzo
  • Susanna : Hélène Guilmette, soprano
  • Bartolo : Alexandre Sylvestre, baryton-basse
  • Marcellina : Aidan Ferguson, mezzo
  • Don Basilio : Aaron Ferguson, ténor
  • Don Curzio : Aaron Ferguson, ténor
  • Barbarina : Frédérique Drolet, soprano
  • Antonio : Philip Kalmanovitch, baryton
  • Chef d’orchestre : Paul Nadler
  • Metteur en scène : Tom Diamond

Langue : en italien avec surtitres français et anglais
Livret : Lorenzo da Ponte (d’après Le mariage de Figaro ou La folle journée de Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais)

Langue : en italien avec surtitres français et anglais
Livret : Lorenzo da Ponte (d’après Le mariage de Figaro ou La folle journée de Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais)

+ d’infos :

Opéra de Montréal: www.operademontreal.com

Billets de 50$ à 146$

Offre spéciale moins de 30 ans: si vous acheter deux concerts ou plus, chaque billet ne vous coûtera que 30 $ !

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Posted in: Culture, Montréal