Gaz de schiste: faut-il céder à la tentation ?

Posted on 13 juin 2011

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En novembre 2010 s’est engagée en France la bataille contre le gaz de schiste à l’appel du député Européen d’Europe Écologie – Les Verts, José Bové. Depuis, la France découvre les nombreuses vertus et effets pervers de ce gaz dit « non conventionnel » présent en grande quantité sur le territoire hexagonal. Ayant les mêmes usages industriels et commerciaux que le pétrole ou le gaz classique, le schiste a l’avantage d’être cependant beaucoup moins couteux à produire et permet à la France notamment de diminuer sa facture pétrolière et gazière en constante augmentation depuis les dernières années.

Certes, les avantages économiques et politiques de l’exploitation de gaz de schiste sont considérables… autant que les dégâts qu’elle engendre d’un point de vue écologique et environnemental. Avec des besoins en eau se comptant en millions de litres (par gisement) et le rejet de cette eau lourdement contaminée dans les sols, l’extraction de gaz de schiste par fracturation hydraulique, principale technique utilisée, est un véritable désastre environnemental. De fait, loin de réduire les gaz à effets de serre comme s’en justifient les industriels, l’exploitation de gaz de schiste aurait bien davantage tendance à générer au moins autant de gaz à effet de serre que le charbon, le pétrole ou le gaz conventionnel.

La multinationale Canadienne Réalm, demandeuse d’un permis d’exploitation du sol à Pithiviers (Loiret), ne fait pas exception à la règle « du schiste avant tout ». Et pour cause! En matière de réglementation et de contrôle à l’égard de l’exploitation de gaz de schiste, le Canada et plus précisément le Québec, ont fait preuve de précipitation et de laxisme profitant largement aux puissantes compagnies pétrolières. Depuis le début des années 1980, la province a multiplié les explorations et les forages à le recherche de schiste. Dans la directe lignée de ce qui s’observe aux États-Unis, les compagnies se ruent sur les demandes de permis mais en l’absence de tout contrôle et de toute réglementation de la part du gouvernement Québécois.

En septembre 2009 néanmoins, l’Association Québécoise de Lutte contre la Pollution Atmosphérique (AQLPA) prend position contre ces pratiques et les effets destructeurs qu’elles causent à l’environnement et demande un moratoire sur l’exploration et l’exploitation du gaz de schiste. Ce positionnement fait l’effet d’une bombe dans l’opinion Québécoise qui découvre avec stupeur l’ampleur des dégâts et la négligence des autorités en la matière. Les études et les rapports sur le sujet se multiplient si bien que l’Agence de Protection de l’Environnement de États-Unis (EPA) ose désormais évoquer des « impacts possibles de l’exploitation de gaz de schiste sur les réserves d’eau souterraine et la santé humaine »; malgré tout, le moratoire est refusé par la Ministre Québécoise de l’environnement, Nathalie Normandeau.

Contrairement à ce qui se passe en Amérique du Nord où il n’est plus possible de revenir sur ce qui a été foré, la France semble plus prudente à l’égard de cette nouvelle source miraculeuse d’énergie. Avec l’interdiction de la fracturation hydrolique votée par l’Assemblée Nationale le 10 mai dernier et présentée demain au Sénat, le gouvernement montre une certaine retenue vis-à-vis de cette pratique particulière d’extraction sans toutefois interdire les autres technique d’extraction.

Sachant les avertissements et recommandations internationales en terme d’écologie et d’environnement et bien qu’étant un enjeu économique et politique majeur, reste à savoir si le jeu du gaz de schiste en vaut la chandelle.

 

Pour en savoir plus:

L’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA)
Le Ministère de l’Ecologie, du Développement durable, des Transports et du Logement (France)


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